Samuel Paul « Sam » Bowie était un basketteur d'élite selon toutes les mesures traditionnelles. Mesurant 2,16 m (7'1"), il a disputé dix saisons en NBA, avec des moyennes carrière de 10,9 points, 7,5 rebonds et 1,8 contre par match.
Cependant, à juste titre ou non, Bowie reste associé à la déception. Il symbolise une erreur de draft. Pourquoi les Portland Trail Blazers l'ont-ils choisi en 2e position en 1984 ? La réponse est simple : Michael Jordan, « His Airness », a été sélectionné immédiatement après, en 3e.
Jordan deviendrait l'un des plus grands joueurs de l'histoire, voire le GOAT. Bowie, lui, a eu une carrière honorable, avec un emploi stable et des millions gagnés en NBA. Beaucoup rêveraient d'un tel parcours.
Malgré la stigmatisation d'avoir été préféré à Jordan, ce choix était-il si erroné à l'époque ?
En sophomore à Kentucky (1980-81), Bowie tournait à 17,4 points et 9,1 rebonds avec une équipe classée 8e AP. Une fracture du tibia a stoppé sa saison junior, nécessitant une année rouge.
En 1983-84, en pleine santé, il mène Kentucky au Final Four (défaite face à Georgetown n°1) et intègre l'équipe AP All-America. Il était vu comme l'un des meilleurs intérieurs disponibles.
Hakeem Olajuwon, consensus n°1 de Houston, est drafté 1er par les Rockets. Ainsi, deux joueurs précèdent Jordan. Mais Olajuwon, Hall of Famer dominant des deux côtés, vaut ce choix. Portland et Bowie n'ont pas eu cette indulgence.
Les Blazers n'avaient pas besoin d'un shooteur de 1,98 m comme Jordan : ils venaient de drafter Clyde Drexler (1,98 m, futur Hall of Famer).
Avec Olajuwon parti et Drexler en poche, Bowie semblait le choix logique en n°2. Rookie year : 76 matchs, All-Rookie First Team.
Le choix paraissait judicieux quand Jordan se blesse en 1985-86 (seulement 7 matchs). Mais Bowie suit vite : tibia de nouveau, début d'une série de blessures.
1985-86 : 38 matchs ; 1986-87 : 5 ; 1987-88 : 0. 1988-89 : 20 (jamais titulaire), fin à Portland.
Échangé aux Nets, succès modéré : 14,7 pts/10,1 rbd en 1989-90 ; 15,0 pts/8,1 rbd en 1991-92 sur 4 ans solides. Fin de carrière aux Lakers.
L'histoire de Bowie est celle du « ce qui aurait pu être ». Blessures plus nombreuses que chez Jordan, Olajuwon ou Drexler. Aurait-il rivalisé ? Peu probable, mais son potentiel Hall of Fame reste hypothétique.
Bowie a persévéré, revenant blessure après blessure grâce à son mental. De 1984 à 1995, stats respectables, bon bloqueur et passeur.
Mais pas assez pour celui drafté devant Michael Jordan.
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