Antonio Martinez est diplômé de l'Université d'État de Montclair avec un BA en histoire et une double mineure en journalisme et en études régionales russes.

La campagne de qualification de l'Islande pour la Coupe du monde 2014 s'est achevée un soir de novembre en Croatie. Pourtant, cette ascension marquait un tournant après l'échec à l'Euro 2000. Comment un pays aux hivers longs et rigoureux cultive-t-il ses talents ? Les centres de formation et le développement des équipes de jeunes ont été clés. Depuis 1998, l'Islande a remporté deux championnats d'Europe UEFA des moins de 17 ans (2007 et 2012), le premier avec un but décisif de Kolbeinn Sigþórsson.
C'est au Championnat d'Europe U-21 de l'UEFA 2011 que l'Islande a affirmé sa maturité. Deuxième de son groupe qualificatif, elle a créé la sensation le 10 août 2010 à Kaplakrikavöllur en battant l'Allemagne 4-1, avec des buts de Gylfi Þór Sigurðsson et Kolbeinn. Quatrième meilleure deuxième, elle s'est qualifiée pour le tournoi final au Danemark, atteignant presque les demi-finales malgré une défaite honorable contre le pays hôte (3-1).
Cette génération dorée islandaise était née.

Pour l'Euro 2016, l'Islande affrontait la Turquie pour la première fois depuis 19 ans. Dès la 16e minute, Jón Daði Bödvarsson ouvrait le score. L'expulsion d'Ömer Toprak a permis deux buts rapides, scellant un 3-0 historique, première victoire contre la Turquie depuis 1991.
Le même score contre la Lettonie à Riga effaçait un souvenir douloureux de 2008. Gylfi brisait l'équilibre après l'expulsion d'Artjoms Rudnevs, première victoire là-bas depuis 1998. Trois jours plus tard, un 2-0 contre les Pays-Bas, troisièmes de la Coupe du monde 2014 : Gylfi convertissait un penalty après une faute sur Birkir Bjarnason, et un corner générait un second but. La défense, menée par Hannes Þór Halldórsson, était impénétrable.
Hannes, passé par la quatrième division islandaise, a tenu les Néerlandais en échec. L'Islande menait son groupe.
La série d'invincibilité de Hannes s'est rompue à Plzeň face à la République tchèque (défaite 2-1), mais l'Islande restait favorite. Eiður Smári Guðjohnsen, retraité depuis 16 mois, revenait et marquait à Astana pour un 3-0. En juin 2015, Aron Gunnarsson égalisait avant le but vainqueur de Kolbeinn contre les Tchèques.
En septembre, un 1-0 à Amsterdam contre les Pays-Bas : expulsion de Bruno Martins Indi, penalty de Gylfi. Trois jours plus tard, nul au Kazakhstan malgré une domination. Qualification en poche, l'Islande terminait deuxième du groupe, avec Eiður dans les 23 pour la France.

Nous espérons rester un mois en France. Si la Grèce l'a gagné en 2004, l'Islande peut le faire aussi. Il y a toujours une chance.
— Lars Lagerbäck, avant l'Euro 2016
À Saint-Étienne contre le Portugal, Hannes repoussait Ronaldo. Birkir Bjarnason égalisait pour un nul 1-1 historique. Contre la Hongrie, penalty de Gylfi et but contre son camp pour un autre 1-1. Face à l'Autriche à Saint-Denis, Jón Daði et Arnór Ingvi Traustason qualifiaient l'Islande en huitièmes.

En huitièmes, contre l'Angleterre : penalty de Wayne Rooney, mais Ragnar Sigurðsson égalisait immédiatement, puis Ragnar encore. L'Islande tenait 2-1 jusqu'au bout, éliminant les Anglais et faisant démissionner Roy Hodgson.
| Date | Adversaire | Score | Lieu |
|---|---|---|---|
| 10 oct. 2014 | Turquie (D) | 3-0 (V) | Reykjavik : Laugardalsvöllur |
| 10 oct. 2014 | Lettonie (E) | 3-0 (V) | Riga : Skonto Stadions |
| 13 oct. 2014 | Pays-Bas (D) | 2-0 (V) | Reykjavik : Laugardalsvöllur |
| 16 nov. 2014 | République tchèque (E) | 1-2 (D) | Plzeň : Doosan Arena |
| 28 mars 2015 | Kazakhstan (E) | 3-0 (V) | Astana Arena |
| 12 juin 2015 | République tchèque (D) | 2-1 (V) | Reykjavik : Laugardalsvöllur |
| 3 sept. 2015 | Pays-Bas (E) | 1-0 (V) | Amsterdam : Amsterdam Arena |
| 6 sept. 2015 | Kazakhstan (D) | 0-0 (N) | Reykjavik : Laugardalsvöllur |
L'Islande a marqué l'Euro par son parcours jusqu'aux quarts, éliminée 5-2 par la France.

L'Islande, nation de 330 000 habitants, devient la plus petite à se qualifier pour une Coupe du Monde. Modèle de développement des talents locaux.

Nous avons montré que nous méritions d'être là et pouvions rivaliser avec les meilleurs.
— Heimir Hallgrímsson, après Croatie 2018