Ancien rédacteur en chef et chroniqueur pour Fanside, Tony analyse le baseball actuel à travers le prisme historique, avec une expertise reconnue dans la MLB.

En 2000, Prince Fielder déclarait : « La fête est finie ». Pour les Detroit Tigers, elle ne faisait que commencer. Afin de briser la disette des World Series, Mike Ilitch a ouvert grand les cordons de la bourse, attirant les agents libres les plus coûteux.
De 2005 à environ 2015, les Tigers étaient sur tous les fronts des rumeurs d'échanges pour les stars du moment. À l'approche de la date limite, les fans collaient à la radio sportive, impatients de découvrir les coups de Mike Ilitch et Dave Dombrowski pour propulser l'équipe en playoffs. Une époque excitante qui a duré.
Avant 2005, les Tigers étaient rarement au cœur des drames de trade deadline. Pourtant, durant leur ère glorieuse, ils ont réalisé des transactions majeures, souvent dans les dernières heures.
Voici le top 5 des échanges les plus impactants des Detroit Tigers, et leur influence sur la saison et au-delà.
Certains y voient le pire deal des Tigers, car ils ont cédé John Smoltz. Mais contextualisons : Smoltz est devenu une légende du Hall of Fame avec les Braves d'Atlanta, rien n'était acquis à l'époque.
Les Tigers cherchaient un partant pour les playoffs : ils l'ont trouvé. Doyle Alexander affiche un bilan de 9-0 en 11 départs, avec trois shutouts, une ERA de 1,53 et un WHIP de 1,008. Ses performances propulsent Detroit devant les Blue Jays de Toronto pour le titre de l'AL East. Il s'essouffle en ALCS, mais l'échange atteint son but : la course au pennant 1987 n'aurait pas existé sans lui.
Doyle Alexander n'était pas qu'un feu de paille. En 1988, il est All-Star sous Sparky Anderson, avec 14 victoires aidant les Tigers à 88 wins et une 2e place en AL East.
Candelario et Wilson sont les pièces maîtresses de cet échange incluant les prospects Tigers Alex Avila et Isaac Paredes. Les Cubs voulaient renforcer leur bullpen pour les playoffs ; Wilson avait une année solide pour une équipe décevante de Detroit.
Ça n'a pas marché pour Chicago, éliminé par les Dodgers en NLCS.
Parfois, un échange se juge sur le long terme. Les Tigers visaient des piliers pour leur reconstruction : mission accomplie. Candelario progresse offensivement et défensivement au hot corner. Paredes s'améliore depuis ses débuts en MLB en 2020.
Dave Dombrowski, maître des trade deadlines, utilisait souvent les échanges à trois pour maximiser la valeur. Deux ans après le balayage humiliant face aux Giants en 2012, il voulait ramener les Tigers en World Series.
En 2014, besoin de rotation : David Price arrive contre le voltigeur Austin Jackson (aux Mariners) et le lanceur Drew Smyly plus le prospect Wily Adames (aux Rays).
Dans une rotation avec Scherzer, Verlander et Sanchez, Price aide à tenir bon face aux Royals pour le titre AL Central. Balayés en ALDS par Baltimore.
Les fruits continuent : en 2015, Price démarre 9-1 avant d'être échangé à Toronto dans un autre deal à trois. Les Tigers récupèrent les lanceurs Matthew Boyd et Daniel Norris, toujours clés aujourd'hui.
Recadré comme Jackson/Smyly contre Boyd/Norris : un excellent ratio.

Autre coup de génie de Dombrowski : un deal surprise avec Red Sox et White Sox. Les Tigers cèdent le prospect voltigeur Avisail Garcia (à Chicago) et Bryan Villarreal (à Boston), Garcia posant des problèmes de vestiaire avec Prince Fielder.
Puzzle à l'époque, évidence ensuite : Iglesias, virtuose défensif. Vitesse et portée inégalées ; il vole des buts et devient menace offensive, avec 7 WAR sur 5 saisons à Detroit.
Reconstruire implique des choix déchirants. En 2017, Detroit envoie son âme, Verlander, à Houston. Logique : échanger une star sous gros contrat contre des prospects. Douloureux de le voir gagner Cy Young et World Series ailleurs.
Quatre ans après, ça s'annonce bien : Daz Cameron (OF) et Jake Rogers progressent, potentiels piliers. Une bague pour Houston boosterait ce deal au rang des historiques. Affaire à suivre.